Mécénat

Les acquisitions

Depuis la création de l'association en 2010, grâce au mécénat, les Amis du Musée de la Toile de Jouy, conjointement avec le Fonds de dotation Oberkampf, ont permis au Musée de la Toile de Jouy de bénéficier de dons directs ou de mises en dépôt.

Etoffes, papiers peints, robes et autres vêtements d'époque, tableaux, dessins, portraits, meubles et objets de famille viennent enrichir, depuis 15 ans, les collections du Musée.

Une partie de ces objets a rejoint les salles de reconstitution historique inspirées du XVIIIe et des débuts du XIXe siècles.

Au total, ce sont plus d'une centaine de pièces et lots qui ont été donnés ou acquis par l'Association des Amis pour le compte du Musée de la Toile de Jouy.

Voici une courte sélection de ces pièces :

Dons de documents d'époque concernant Corbeil-Essonnes

Le 23 février 2026, l'Association des Amis du Musée de la Toile de Jouy a eu le plaisir d’accueillir au Musée M. Le Carpentier et M. Yves Morelle, représentants de l’association « Mémoire et Patrimoine Vivant » de Corbeil, dans le cadre d’un projet de film consacré à Christophe-Philippe Oberkampf, à ses manufactures ainsi qu’à la descendance essonnienne de sa famille.

En effet, la fille ainée du célèbre manufacturier, Julie, s’installe à Essonnes avec son mari Louis Feray, lors de la création, par son père, de la Manufacture Chantemerle de Corbeil. Ils la dirigeront jusqu'en 1836, puis leur fils Ernest la reprendra jusqu'en 1891, devenant au fil du temps d'importants notables engagés dans la vie économique et culturelle locale et nationale.

À cette occasion, Étienne Mallet, président de l’Association des Amis du Musée de la Toile de Jouy, a remis au Musée plusieurs documents d’époque qui lui ont été transmis par une descendante de la famille Feray. Ce don vient enrichir les collections du Musée et compléter les aquarelles de la Manufacture de Corbeil réalisées par Julie Oberkampf-Feray — certaines déjà exposées dans le parcours permanent, d’autres exceptionnellement présentées lors de cette visite par l’équipe du Musée que nous remercions à nouveau.

Ces documents offrent un témoignage précieux de la vision d’Oberkampf, soucieux d’assurer une intégration verticale de ses activités de filage, tissage et impression, et témoignent de la richesse du patrimoine industriel et artistique essonnien.

L'Indienne

En 1769, Christophe-Philippe Oberkampf installé à Jouy depuis 1759 acquiert la manufacture dite « l’Indienne », à la limite de Corbeil et d’Essonne, pour y installer son frère Frédéric, qui ne souhaite pas rejoindre l’établissement de son frère.
Frédéric y poursuit l’impression de motifs simples, dont le chef de pièce porte son prénom. Il dirige l’entreprise jusqu’en 1796, date à laquelle son frère lui rachète la manufacture pour en faire une annexe de Jouy. L’établissement est alors successivement confié à Philippe, puis à Victor Widmer, et se spécialise dans le blanchiment et la teinture de toiles.

À la mort de CPO, les manufactures restent en indivision. Christophe Widmer acquiert l’Indienne, mais à son décès, en 1822, l’usine est vendue.


Chantemerle

En 1802, Oberkampf achète une vaste prairie proche de l’Indienne, la prairie de Saint-Jean de Corbeil, portant son domaine à 45 hectares. En 1804, il rachète le domaine de Chantemerle (alors appelé « les Moulins Saint-Jean ») à un propriétaire d’usines à tan d’Essonne. Il lui faut cinq ans pour obtenir les autorisations et construire une manufacture de filage et de tissage.

Ne pouvant se rendre régulièrement à Essonne, Oberkampf confie la direction de Chantemerle à sa fille aînée, Julie, née en 1777 de son premier mariage avec Marie-Louise Pétineau, et à son gendre, Louis Feray.
En 1812, la manufacture compte plus de 700 personnes sur le site et 1 400 personnes travaillant pour elle à Paris et en Normandie. Chantemerle devient la première grande filature française de coton consacrée au filage et au tissage, permettant à Oberkampf de maîtriser l’ensemble du processus de fabrication des toiles peintes.

En 1821, lors de la vente de la manufacture de Jouy à Barbet, Louis Feray et son épouse rachètent les parts des autres héritiers Oberkampf et deviennent seuls propriétaires de Chantemerle, jusqu’au décès de Louis Feray en 1836. La manufacture produit alors des tissus ouvrés et damassés en coton.
De 1836 à 1891, elle est dirigée par leur fils, Ernest Feray. L’établissement ferme définitivement en 1894.

Portrait de Marie Catherine Renée Darcel, épouse de Maraise

Les Amis sont heureux d'annoncer l'acquisition du portrait de Marie Catherine Renée Darcel, épouse de Maraise (1737-1822). Ce portrait met en lumière une figure importante mais assez méconnue de l'histoire de la Manufacture.

Une femme d'exception : originaire d'une famille de négociants rouennais, exceptionnellement instruite (polyglotte, formée aux mathématiques et à la comptabilité), elle épouse en 1767 Alexandre Sarrasin de Maraise, l'associé d'Oberkampf.

Une véritable chef d'entreprise : de 1767 à 1789, tout en élevant ses huit enfants, Madame de Maraise devient la collaboratrice indispensable d'Oberkampf. Depuis les bureaux parisiens, elle tient la comptabilité, encadre les commis, négocie avec les banquiers, développe les exportations et use de ses relations dans les hautes sphères pour protéger les privilèges de l'entreprise.

Évoluant à la cour de Versailles et recevant Necker, ministre des finances de Louis XVI, elle offre à Oberkampf un appui commercial, social et intellectuel décisif. Sa vision stratégique contribue largement à l'élévation de la manufacture au rang de Manufacture royale en 1783 et impose les toiles de Jouy comme un symbole d'excellence française.

A ce portrait s'ajoute de celui d'Émile Oberkampf, fils de Christophe Philippe Oberkampf né le 1er novembre 1787, à Jouy-en-Josas (Yvelines). Emile succèdera à son père dans la direction de la manufacture de toiles de Jouy

Par cette acquisition et ce don au Musée de la Toile de Jouy, l'Association permet enfin de rendre hommage à cette femme d'exception dont le rôle a été trop longtemps occulté.

Emile Oberkampf
Emile Oberkampf

Etienne Mallet, président des Amis du Musée de la TDJ

Portrait de Madame de Maraise

Portrait d'Emile Oberkampf

Rouleau d’impression en cuivre pour la “Fête de la Fédération”

Ce décor historique, créé pour la Manufacture de Christophe-Philippe Oberkampf par Jean-Baptiste Huet, fut imprimé sur des toiles de coton à Jouy-en-Josas à la toute fin du XVIIIᵉ siècle, d’abord à la plaque puis au rouleau (à partir de 1797). Des fragments de ces étoffes révolutionnaires sont aujourd’hui conservés notamment au Victoria and Albert Museum et au Musée Carnavalet – Histoire de Paris.

Le rouleau récemment acquis n’est pas celui d’origine, mais une réédition industrielle fabriquée par la Compagnie Française des Métaux (CFM), active de 1892 à 1961. Les mentions gravées et les numéros d’inventaire permettent de situer sa production dans le premier quart du XXᵉ siècle, dans le contexte des rééditions de grands motifs “dans le goût de Jouy”.

Réalisé en impression en creux sur cuivre, dite “à la manière d’Angoulême”, ce cylindre illustre une technique dérivée de la gravure d’estampe, permettant une impression continue du tissu et une grande finesse de dessin. Avec cette acquisition, l’Association des Amis du Musée de la Toile de Jouy documente la longue vie des motifs de Jouy, depuis leur création au XVIIIᵉ siècle jusqu’à leurs réemplois industriels, et éclaire concrètement les étapes de fabrication de la Toile de Jouy, du dessin au tissu imprimé.

Pour illustration :

En octobre 2025, grâce au soutien de ses adhérents, l’Association des Amis du Musée de la Toile de Jouy a permis l’acquisition d’un important rouleau d’impression en cuivre gravé en creux, représentant la Fête de la Fédération d’après un dessin de Jean-Baptiste Huet (1745-1811).

Sur sa surface se déroule une véritable scène révolutionnaire : ruines de la Bastille, gardes nationaux et foules en fête, autour de l’autel de la Nation où Louis XVI prête serment de maintenir la Constitution, en présence de La Fayette et de la famille royale, écho à la grande célébration du 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars. Il mesure 97 cm de long pour 35 cm de diamètre et pèse 200 kilos.

Sur la surface courbe du rouleau se déploie une véritable chronique de la Révolution française : ruines de la Bastille où des citoyens dansent au son du fifre, du tambour et du violon, gardes nationaux portant des drapeaux, campements et scènes de foule. Au centre, autour de l’autel de la Nation, Louis XVI prête serment de maintenir la Constitution, en présence de La Fayette à cheval et de la famille royale. Le motif renvoie à la Fête de la Fédération célébrée le 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars, un an après la prise de la Bastille, moment fort d’unité nationale.

Ensemble d’échantillons de tissus inspirés des indiennes du XVIIIᵉ siècle.

L’Association des Amis du Musée de la Toile de Jouy a permis l’entrée au musée d’un nouvel ensemble d’échantillons de tissus inspirés des indiennes du XVIIIᵉ siècle.

Ces pièces proviennent de deux grandes maisons des arts décoratifs :

  • La Maison Prelle, manufacture lyonnaise de soieries et textiles d’ameublement fondée en 1752 et encore en activité aujourd’hui, est reconnue pour ses archives et rééditions au service des monuments historiques, musées et grandes demeures.

  • La manufacture Réveillon, fondée à Paris en 1755, fut quant à elle l’une des plus célèbres manufactures de papiers peints de luxe de la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle, liée à la grande histoire de la Révolution française par le pillage de ses ateliers en avril 1789.

Si aucune source ne documente formellement une collaboration entre leurs dirigeants, la correspondance de Christophe-Philippe Oberkampf montre combien il fut affecté par l’incendie de la manufacture Réveillon lors des émeutes d’avril 1789, signe des liens étroits entre ces milieux de créateurs de décors.

L’ensemble se compose de coupes et d’échantillons d’« indiennes », ces toiles de coton imprimées qui ont fait la renommée de Jouy-en-Josas. On y trouve deux coupes d’environ 78 × 64 cm, l’une sur fond vert, l’autre sur fond blanc, imprimées en grisaille à décor d’oiseaux et de motifs végétaux stylisés, dans le goût des Toiles de Jouy. Neuf échantillons d’environ 20 × 20 cm complètent l’ensemble : ils présentent une palette de motifs floraux et décoratifs caractéristiques du XVIIIᵉ siècle (rinceaux, bouquets, petites scènes naturalistes), dans des tonalités inspirées des palettes anciennes.

Robe

Robe de promenade balnéaire, 1885-1895.

Dessin préparatoire

Louis-Léopold Boilly, vers 1803, représentant “Oberkampf et sa famille à Jouy”

Robe

Période romantique en indienne, ca 1830/1835.

Robe

Coton rouge, ca 1832.

Portrait

Rose-Marguerite Favre,
descendante des Indienneries Nantaises Favre-Petitpierre.

Médaillons miniatures de Christen

Début XVIIIème siècle

Et bien d'autres encore, à découvrir au Musée de la Toile de Jouy !...