

L'association
En 1760, les toiles imprimées ayant été interdites à la fabrication et à la vente en France pendant 70 ans pour protéger les industries traditionnelles, la pratique de l’impression sur étoffe n’était plus répandue dans le pays.
C’est dans ce contexte que Christophe-Philippe Oberkampf, né dans le royaume du Wurtemberg dans une famille modeste imprimant des toiles peintes, apporte son savoir-faire en France. Il s’installe à l’âge de 22 ans à Jouy en Josas, lieu choisi en raison de l’eau de la Bièvre et de la proximité de la cour royale à Versailles.
Au beau milieu du XVIIIe siècle et quelques années avant la Révolution française, il relance l’industrie de l’impression des toiles et démocratise le beau dans l’habillement et l’ameublement.
Oberkampf devient alors le dirigeant d’une entreprise innovante et florissante, dans laquelle il prend des mesures sociales d’avant-garde pour l’époque.
Sous le règne de Napoléon, la Manufacture de Jouy-en-Josas, qui s’étend sur plus de 14 hectares et comprend plus de 36 bâtiments, accède au rang de troisième entreprise de France par l’importance de son capital et le nombre des ouvriers qu’elle fait vivre (plus de 1300).
Cette épopée industrielle et artistique d’envergure internationale, en contact avec des clients sur plusieurs continents, est portée par l’esprit humaniste des Lumières, les progrès techniques et la pertinence des choix esthétiques d’Oberkampf : évolution des techniques d’impression ; utilisation de la chimie des couleurs ; création d’une identité visuelle ; appel à des artistes renommés : Jean-Baptiste Huet, Horace Vernet, Louis Hyppolite Lebas … 30 000 motifs sortiront ainsi des ateliers de la Manufacture, jusqu’à sa fermeture en 1843.
Les bâtiments de la Manufacture seront détruits quelques années plus tard. Subsistent principalement une aile de la demeure familiale d’Oberkampf aujourd’hui occupée par la Mairie de Jouy-en-Josas, et la petite maison dite du Pont de Pierre où Oberkampf imprima sa première toile un dimanche 1er mai 1760.
Au siècle des Lumières une start-up était née. Elle connaitra un succès mondial toujours d’actualité.


L'Histoire


Motifs & Récits
Lorsque l'on évoque Christophe-Philippe Oberkampf, on pense immédiatement à l’entrepreneur qui fit de la Manufacture de Jouy-en-Josas une référence mondiale de l'impression sur étoffes. Et cependant, son histoire s'écrit aussi… à Versailles.
En 1790, Oberkampf acquiert une maison construite en 1776, située au 77 avenue de Saint-Cloud à Versailles, à l’époque près du Couvent de la Reine (qui deviendra, plus tard après diverses attributions, Lycée Impérial puis, en 1888, le Lycée Hoche qui existe toujours). Elle appartenait auparavant à Marie Julie Boyelleau, veuve du négociant versaillais Jacques Rebin, qui la lui vend pour la somme de 100 000 livres.
Le Mémorial, ouvrage relatant l’histoire de la famille Oberkampf, écrit par Gabriel Widmer neveu d’Oberkampf, et Natalie [orthographe de l’époque] Labouchère, née Mallet et petite fille d’Oberkampf, l’atteste : « Pour obliger la famille Rebin, ses plus vieux amis de Versailles, M. Oberkampf leur acheta au commencement de cette année la belle maison qu’ils avaient fait construire sur l’avenue de Saint-Cloud ; le prix de cette acquisition s’éleva avec tous les frais à plus de cent mille francs. La famille Rebin qui était alors fort nombreuse possédait une belle maison de campagne à Jouy qu’elle habita pendant plusieurs années jusqu’aux événements de 1792. ».
Grâce à Monsieur Le Magueresse, Directeur des Archives communales de Versailles, nous avons pu constater la mention de cette acquisition dans un article de l’Echo de Versailles et de Seine-et-Oise du 22 décembre 1910, article reprenant des informations de l’acte notarial d’acquisition. Quelques mois plus tard, alors que la France se réorganise à la suite de la Révolution, Oberkampf met cette demeure à la disposition du Conseil général et du Directoire du département de Seine-et-Oise, tous deux à la recherche de locaux pour leurs activités. De 1790 à 1792, cette maison devient ainsi le siège des premières institutions départementales. Cet article de L'Écho de Versailles et de Seine-et-Oise du 22 décembre 1910 salue également l'initiative d'Émile Renaud, propriétaire de la maison au début du XXᵉ siècle, qui fit apposer une plaque commémorative rappelant ce passé.
Cet épisode peu connu de l’histoire versaillaise révèle une autre facette de Christophe-Philippe Oberkampf. Oberkampf ne fut pas seulement un grand industriel de l’industrie textile, et son héritage ne se limite pas qu’aux Toiles de Jouy ; il fut aussi l'un des artisans de l'histoire de Versailles, dont les pierres de la ville portent encore la mémoire.
Ballade : l'histoire d'Oberkampf s'écrit aussi à Versailles










