Couverts en argent armoriés : une acquisition par don






L’Association enrichit ses collections grâce au don d’un ensemble remarquable de couverts en argent armoriés aux armes d’alliance des familles Mallet et Oberkampf, datant du début du XIXe siècle.
De provenance familiale, cet ensemble se compose d’une vingtaine de cuillères et fourchettes poinçonnées, réalisées par le maître orfèvre parisien Jean-Joseph Rivet, qui se qualifiait lui-même de « cuillériste ».
Ces couverts auraient vraisemblablement été offerts par Christophe-Philippe Oberkampf à l’occasion du mariage, en 1812, de sa fille Émilie Oberkampf avec Jules Mallet.
Chaque pièce porte les armoiries d’alliance des deux familles, gravées sur un écu parti, surmonté d’une couronne de baron et soutenu par deux figures d’hommes sauvages. La devise de la famille Oberkampf, « Recte et vigilanter » — « Droiture et vigilance », apparaît également en ruban.
Au-delà de leur qualité d’orfèvrerie, ces objets constituent un témoignage précieux de l’alliance entre deux grandes familles du début du XIXe siècle, l’une liée à l’histoire industrielle de Jouy, l’autre au monde de la finance.
Ils rappellent aussi combien les objets du quotidien pouvaient participer à l’affirmation du rang, de l’identité et de la mémoire familiale.
Cette acquisition enrichit la connaissance de l’histoire d’Oberkampf et témoigne des liens familiaux et sociaux qui unissaient les familles Oberkampf et Mallet.
Les Coquecigrues : courtepointe en indienne de la Manufacture Oberkampf. Ca. 1790
Cette courtepointe en indienne de 210 cm × 175 cm, ornée d’un décor remarquable de fleurs exubérantes et de créatures fantastiques, à mi-chemin entre l’insecte et l’oiseau, constitue une pièce rare issue de la Manufacture de Jouy vers 1790.
Elle fut présentée au Musée de la Toile de Jouy, du 21 février au 23 juin 2012, dans le cadre de l’exposition «Indiennes Sublimes». Non répertoriée à ce jour, elle est accompagnée d’un certificat d’authenticité délivré par un expert de la Chambre Nationale des Experts Spécialisés, spécialisé en textiles anciens.
Au-delà de ses qualités textiles et historiques, son appellation — Coquecigrues — fascine. Le terme désigne d’abord un être imaginaire, avant de prendre le sens figuré de chose fantaisiste, invraisemblable ou absurde. Son usage est attesté dès le XVIe siècle : en 1534, François Rabelais écrivait dans Gargantua « à la venue des coquecigrues », c’est-à-dire « jamais ».
Le mot traverse ensuite les siècles sous la plume de plusieurs écrivains, parmi lesquels Charles-Augustin Sainte-Beuve, François Mauriac ou Léon Daudet, et donne naissance à de nombreuses locutions proverbiales : « regarder voler des coquecigrues » signifie se bercer d’illusions ou poursuivre des chimères ; « conter » ou « débiter des coquecigrues », tout comme « parler comme un/une coquecigrue », revient à raconter des sottises.
Ce nom singulier confère ainsi à cette courtepointe un supplément de mystère, en parfait accord avec son décor peuplé de formes imaginaires et extraordinaires.




